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LES CAHIERS DU SUD
Aïoli - blog
Je vais essayer de faire revivre, une rubrique lancée il y a quelques mois sur le thème "Marseille" et "vivre et parler Marseillais" . Voir les articles situés dans la colonne de droite de cette page, et à travers quelques articles, vous parler du "Marseille d'antant".
Pour ce renouveau, je vais raconter des anecdotes, parler de ce Marseille qui n'existe plus, tenter de faire comprendre pourquoi, il y a encore quelques années on pouvait tomber amoureux de cette ville et de la vie qu'elle nous donnait.
Des anecdotes mais aussi des faits qui ont marqués l'histoire de cette ville, des histoires souvent vraies mais quelquefois arrangées à la sauce Marseillaise, ou tout simplement à la mienne.
Pour ce premier article j'ai pensé traiter des expressions que les vieux d'ici emploient encore quelquefois, hélas de plus en plus rarement, la mémoire de notre "parler Provençal de tous les jours" s'éteignant lentement mais sûrement.

Toutes ces expressions*** ont une origine réelle, plus ou moins romancée et arrangée par le bouche à oreille, mais il ne faut pas oublier que si Marseille a toujours été une grande ville, celle ci a toujours la particularité d'être un assemblage de nombreux villages et dans les villages, c'est bien connu tout se sait, tout se colporte, quelquefois tout se déforme aussi.
Quel Marseillais même d'jeune d'aujourd'hui n'a jamais entendu cette expression ? peut être la plus connue de toutes,
FAÏ TIRA MARIUS
D'abord qui était ce Marius ? non ne cherchez pas, ce n'est le Marius de Fanny dans la trilogie de Pagnol, ce Marius était un ...bourricot, un âne !
Vers les années 1850, un marchant ambulant nommé Pibre avait un âne pour tirer sa cariole, mais comme c'était à Marseille ce Pibre est vite devenu Pébroun, surnom d'autant "mérité" qu'il était parait il, affublé d'un nez apparenté avec un piment de par la couleur sinon la taille (piment..pébroun, aujourd'hui on dit pébron tout simplement ) .
Ce brave marchand allait les rues en criant pour proposer ses légumes, leï naveou ! leï ravo! leï poumo d'amour !
les ménagères se criaient d'une fenêtre à l'autre Vaqui lou pèro Pebroun ! et elles descendaient dans la rue acheter ce dont elles avaient besoin .
Une fois les pipelettes servies, le père Pebroun se tournait vers son âne lui lançait Faï tira Marius ! ( vas y, avance, aujourd'hui on traduirait par "laisse tomber et marche" ! )
Colportée plusieurs dizaines de fois par jour, cette expression est devenue populaire et a traversé les temps jusqu'à nous aujourd'hui, pourvu que ça dure !
Mais... pourquoi appeler son âne Marius ? Rancunier, le père Pibre avait donné ce nom à son bourricot en mémoire à un oncle prénommé Marius lequel était fort riche et tout autant décédé... mais sans lui en léguer le moindre héritage.
L'histoire a perpétué bien malgré elle, le double souvenir d'un âne et d'un oncle particulièrement pingre.
Et celle là d'expression ? (je me souviens que ma Galinette me l'a lancée il y a quelques temps,
Anne, ma soeurette, tu vas te reconnaître ! ) .
AQUELO EMPEGO !
Dans le quartier des Crottes, bucolique et champêtre des années 40 (... 1840 ) les lavandières venaient laver leur linge dans l'eau claire du ruisseau des Caravelles et l'entourage n'étant que prés verdoyants, elles étendaient leur linge sur l'herbe au soleil.
Un jour, les premières installations de "l'usine du gaz" commencèrent à s'élever et les lavandières constatèrent que ces grosses chaudières en tôle chauffées au soleil pourraient leur servir d'estandou, ce qu'elles firent et celà dura jusqu'au jour où un de ces gazogène fut recouvert d'une épaisse couche de goudron.
Il arriva ce qui devait arriver !
Lorsque la lavandière vint reprendre son linge celui ci resta empégué à la carcasse métallique . Maï...qu'es aco ? ( devenu kézako, pfff !... qu'est ce que c'est ?) puis la bigleuse regardant de plus près, s'exclama Oh Aquelo empego !
Les lavandières ne se faisant aucun cadeau entre elles, la myope fut moquée et l'expression resta gravée dans la mémoire collective pour être ensuite utilisée chaque fois que nécessaire, Oh entention ! aquelo empego ! te dira une jolie Marseillaise alors que tu allais t'asseoir sur un banc public fraichement repeint.
LOU CHICHIBELLI !
Ne voyez rien de grivois dans cette expression ( chichi .. et belli qui plus est ! ...mais non ) ce mot désignait encore en ce 19 ème siècle le pan , le très long pan de chemise qui pendait au niveau des fesses. Certaines sur-chemises actuelles ont relancé la mode de ce chichibelli, bien sur il ne porte plus ce nom, il n'a plus de nom d'ailleurs.
Ce bout de chemise tellement long qu'il dépassait souvent des culottes courtes des enfants et laissait quelquefois entrevoir certaines négligences hygiéniques. Ce bout de chemise était devenu un sujet de plaisanterie des garnements dans la rue, on disait des voyous, à l'époque, pensez donc !
Ces garnements s'amusaient à tirer ce pan de chemise ou tout simplement à accrocher un bout de chiffon ou de papier sale sur le bas de la redingote des bourgeois venus s'encanailler dans leurs miséreux quartiers. Ils tournaient autour du bourgeois effarouché en chantant : A lou chichi belli belli belli ....
En juillet 1892 un journaliste du "petit Marseillais" décrivait ce chichibelli en ces termes, je cite :
Vêtus d'humbles habits de gens de mer, les petits Sajanen ( du quartier st Jean, à la sortie du port ) arborent comme un mignon drapeau, le pan de chemise qui sort de leur pantalon. Quoique fort en honneur dans les autres quartiers le chichibelli semble demeurer la parure attitrée des habitants de st Jean qui d'habitude le laissent, au gré de la nature, s'enjoliver de marques d'une origine peu poétique. C'est le cachet d'originalité qui les distingue d'autres enfants marseillais plus modernes qu'eux et déjà fortement épris de la tenue "fin de siècle".
Sacré garnements, leurs jeux ont bien changé aujourd'hui !
Et... M'EN FOUTI... je suis d'Auriol !
quel Marseillais ne l'a jamais entendu ?
On raconte qu'autrefois, le curé de Roquevaire, pendant son sermon, mit en garde ses fidèles contre leur tendance à l'adultère, un vrai fléau parait il dans ce petit village par ailleurs sans histoire.
Menacée des feux de l'enfer, l'assistance fut effrayée, les têtes se baissèrent, sauf une, celle d'un voyageur qui haut et fort, bravant les foudres du curé, s'exclama :
ieù m'en fouti sieù d' Ourioù ( je m'en fous je suis d'Auriol ) , en effet le bougre nullement concerné par les menaces divines, venait d'un village voisin.
L'expression fit florès et aujourd'hui encore il n'est pas rare d'entendre "m'en fouti " !
Celle ci devenue rare sinon oubliée a été remise au goût du jour avec le "parler Marseillais".
ANA FRAGI DE RAMPAOU !
Vers les années 50/60 de 1800, il était sur le port (on ne disait pas encore le Vieux port puisque le nouveau n'existait pas ) un portefaix ayant uno belugo au plafoun c'est à dire un peu simple d'esprit, connu sous le surnom de Niflo Bouso ( je vous laisse trouver la traduction ...facile ! ) .
Brave comme pas deux, il supportait les plaisanteries de ses congénères et quand la dose était dépassée il se contentait de répondre benoîtement et invariablement : Ana fragi de rampaou ! soit, allez vous faire frire un rameau ! ce qui en Français d'aujourd'hui peut signifier allez vous faire voir ailleurs et en parler Marseillais : vas te faire une soupe de fèves coun..s !
Allez, il y en a assez pour l'instant, à la prochaine ! moi, en ces temps de froidure je vais...
Anan brûla un gaveou !
C'est volontairement que tout n'est pas traduit, faut bien un peu se creuser la cervelle
non ?
*** Sources :
"Les cris de Marseille", de G. Nantyfer , Imp du Port 1885.
"Le parler Marseillais, de R. Bouvier, Ed Jeanne Lafitte, 1985.
Petites randos dans nos collines et
ailleurs..
Massif du Garlaban :
Tête rouge et le Taoumé 09/2011
La Grotte de Grosibou au départ d'Allauch
Le puits de l'Aroumi au départ de la Fève
Le Garlaban par la source de Barquieù
La source de Barqieu et le Garlaban 2
Le Pic du Taoumé par le vallon de Précatori
Le col de Tubé au départ de lascours, 1ere partie
Le col de Tubé au départ de Lascours, 2ème partie
Massif de l'Etoile :
Notre Dame des Ange, ....près de Marseille
Le pilon du Roi
La grotte des fées et le Baoù Traouqua
Massif de la ste Baume :
La grotte de Betton et le col de Bertagne
La glacière du vallon du Fauge
Le tour du Brigou et le mont Cruvelier
Les dents de Roque Forcade et la tour Cauvin
Le plan des Vaches par les dents de Roque Forcade 2012
Le col de Bertagne et la grande baume 2
Rougiers, Castrum st Jean et les 4 chênes
Le Paradis et le sentier merveilleux
Le balcon des Infernets et le torrent des Encanaux
Massif de Luminy, les calanques, Cassis :
Port pin et le ravin de Gorgue longue
La calanque de l'oeil de verre
Le Malvallon sud et le belvédère celeste
La calanque des pierres tombées
Le pas de l'oeil de verre, la Candelle
Le col de la selle et grotte Rolland
Falaises du Devenson et l'Eissadon
Rando givrée, belvédère de Titou Ninou février 2012(1)
Belvédère Titou Ninou fevrier 2012(2)
Les 4 pas : demi lune, escaliers des géants...
sommet de Marseilleveyre(1) les 3 grottes
Sommet de Marseilleveyre (2) les escaliers des géants
Le col de la Selle, les grottes Dechaux
Les 3 arches du Malvallon 2012
Les massifs de Marseilleveyre à Aubagne :
Le Montounier et la chapelle St André
Le four à cades de revers de boquié
Le telegraphe de la Colle Noire
Le balcon des Escourtines et la source des eaux vives - juste au delà de mon jardin
Le Douard et les gorges de la petite ste Baume
Le mont Lantin et le mont Carpiagne
Le mont Lantin et la source des eaux vives
Massif de Regagnas et mont Aurélien :
Le mont Aurelien et les ruines de Roquefeuille
Le rocher Olympe du mont Aurelien
Massif et Parc naturel du Luberon :
Massif de ste Victoire :
Du barrage Zola au barrage Bimont
Le pic des Mouches version plus longue
Le sentier Imoucha et les cretes de costes chaudes
Le Prieuré et la croix de Provence
Le Verdon :
La chapelle ste Maxime, la draille des vaches
Le lac de ste Croix, le tour du Defens
Divers :
Guillestre et la rue des masques
Var, le vallon du rocher des abeilles
Pays d'Aix, les ruines du jas de Keyrié
La montagne de Vautubière
Les crêtes de Roque Menourque
La calanque de Figuerolles, cote bleue
Mazaugues, les cretes de la petite colle
Mazaugues, les ruines de Touchou
Le Puy ste Réparade, la Quilho
St Esteve Janson, le chateau
Notre dame des Anges...dans le Var
Cote bleue, calanque de la Vesse
Alsace, mont ste Odile, le mur païen
Hautes Alpes :
Champoléon : le refuge de tourond
Champsaur : Le col de Moissière
Valgaudemar : Les cabanes de Prentiq
Devoluy: le village de Chaudun
Devoluy: le sentier de ronde de Chaudun
Andorre :
Ardèche :
Lozère :
La breche de Cinglegros et le pas de l'arc
Plongées en Méditerranée
:
1ère plongée de l'année 2009
La pierre de Briançon
L'île Moyade
Au phare de Planier
La calanque des
Contrebandiers
Cadaquès, Massa d'Or
L'épave du Donator
L'épave du Chaouen
Le grand Congloué
La grotte de la Télévision
L'impérial du milieu
L'île de Riou
La pointe Caramassagne
La pierre à Daniel
Pointe Caramassagne 02/2010
La grotte de la télévision 03/2010
Quelque part vers Planier
Caramassagne, la grotte 04/2010
Planier, Mola mola
L'épave du Ker Bihan
Plongée...dans mes archives photos
Ma dernière chasse sous marine
Zeus faber, un poisson de légende
2011 la calanque du contrebandier
2011 La grotte de la télévision
Carnaval de Cayenne 2010
Les sentiers de la Mirande
Le carbet de risque tout
Le parc animalier de Cayenne
Le matin en foret
Le carbet de st Elie
Des nouvelles depuis la foret
Le bagne des Annamites
Les marais de Kaw
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Le dico Marseillais de A à E .
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Expressions anciennes et oubliées
Borely 1913, course auto contre avion
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