Toutefois, il va manquer l'essentiel, des sujets à photographier, c'est extrêmement rare sur ce site de plongée , aujourd'hui, peu de vie sous marine, ce sont les caprices de la Nature. Mais où sont donc passés les poissons ?
Je vais y mêler quelques photos plus anciennes, prises sur ce site mais à des dates différentes.
Cet endroit est connu mais peu de plongeurs savent trouver le point, les repères sont difficiles à prendre et pour réaliser une bonne plongée sur cette pierre il vaut mieux être précis.
Ce n'est pas un site de plongée accessible aux débutants ou petits niveaux, par conséquent ce n'est pas rentable pour les clubs locaux, ils y vont peu.
c'est ici, au sud de Riou à une centaine de mètres de la falaise.Résultat, les fonds sont bien préservés et exception faite pour aujourd'hui, la faune y est abondante.
Mais pourquoi "la pierre à Daniel" ?
Le Daniel en question était directeur de plongée d'un club local , et à ses temps perdus faisait comme quelques uns d'entres nous, de la prospection de nouveaux sites pour plonger. Il a "découvert" ce piton rocheux qui s'élève de 60 m du fond vers 34 m en pleine eau au sud de l'île de Riou, c'est en plein sur le passage des bateaux de plongée, de pêche et autres nègues chiens.
Daniel est un très grand plongeur , il a été obligé de stopper l'exercice de ses fonctions suite à des problèmes relatifs à son activité de directeur responsable de plongées, c'est dommage, les apprentis plongeurs autonomes ont perdus un excellent prof !
Ceci est un avis tout à fait personnel que j'assume totalement.
Il faut savoir que la position de directeur de plongée est ingrate , et la justice souvent aveugle .
Aujourd'hui, nous sommes trois à bord de ma Calypso, deux iront plonger , le troisième assurera une surveillance depuis le bord, bien malgré lui, une rage de dents le rendant momentanément inapte à plonger, surtout profond.
Mouillage du bateau sur le lieu précis, sondeur , GPS et connaissance des lieux sont les atouts pour jeter l'ancre pile poil là où il faut.
à 55m de fond, sous une roche une mostelle m'attendait !
Elle se laisse approcher, mais il faut faire vite quand même.La mostelle, un poisson rarement visible sur les étals des poissonniers, ne se pêche pas au chalut d'ailleurs, sa chair blanche très fragile n'y résisterait pas.
pierre et moule attachés avec un élastique, une technique de pêche très ancienne pratiquée
à Marseille.Un amateur de pêche à la pierre y a laissé un souvenir, il parait qu'on l'appelle le Pechou, mais c'est une rumeur, faut pas tout croire !
Sur le sable quelques rougets se sont laissés éblouir par la lumière du phare. A soixante mètres, le flash n'est pas toujours suffisant mais avec un gros phare d'appoint c'est quelque fois trop !
Une "vieille" s'échappe à toute vitesse
Ce jour là, une merveilleuse surprise. Ce très gros poisson lune, Mola Mola, est venu me tourner autour c'était en juin 2005 !
Dans le noir des profondeurs, surprise, une murène sort de son trou, octobre 2008.
Fin de plongée, le plongeur au palier tourne autour de la bouteille de sécurité .
Consigne : rester sous la Calypso, à l'abri, et à proximité de la "sécu" gonflée au " mistral " comprimé !
Ici on est sur le passage des bateaux et refaire surface en pleine eau dans cette zone c'est courir le risque de se faire couper en deux par un nègo-chin * .
* en Provençal, négo-chin = nègue chien, petite embarcation pilotée par un inconscient et tout juste bonne à se noyer !
La pierre à Daniel ce n'est pas une plongée banale, déjà par sa situation, il faut une mer calme et des plongeurs de bon niveau.
La descente dans le bleu est souvent impressionante, surtout si la visi est limitée.
Cette pierre c'est une roche qui démarre parallèle à la falaise , forme une espèce de pic qui remonte vers 34 m et s'incurve vers le large au sud, en faisant un arc vers le plus profond, 62 m !
Autant dire que plonger ici signifie que les paliers de décompression vont être longs mais la visite vaut assurément le coup.
Ce croissant rocheux est criblé de trous, petites galeries où la faune abonde.
Arriver au point le plus bas, dans le bleu nuit des profondeurs et voir arriver droit vers nous un gros poisson lune qui tout en nous regardant du coin de l'oeil va poursuivre son chemin est un spectacle inoubliable.
En recontrer un suffisament "amoureux" pour me tourner autour sans crainte au point que j'ai du mal à avoir assez de recul pour le prendre en photo est un moment exceptionnel qui ne se renouvellera sans doute jamais.
La remontée sera toujours longue , on a le choix , soit remonter le long de la corde de l'ancre du bateau et faire les longs paliers accroché à la corde ( plus de 20 minutes ) , soit partir plein nord, vers la falaise de Riou et remonter progressivement pour faire les paliers en longeant la cote.
C'est moins long et moins lassant mais le retour au bateau, par la surface, risque d'être dangereux si la mer est trop houleuse, les bateaux circulant dans les parages ne nous voyant pas.

le contournement va me permettre de
voir ce pan de roche recouvert d'anémones encroutantes d'un superbe jaune d'or.
la pierre apparait devant moi, elles
aussi est percée d'un tunnel étroit que je vais délaisser pour descendre directement vers l'arche qui sert de refuge à de nombreuses colonies de sars.
Dommage que le flash du Nikon ait une
portée aussi limitée, c'est un très bel endroit. -26m au sable.
Comme prévu les sars sont bien là, à l'abri
des pecheurs qui en surface ne peuvent pas venir à l'aplomb avec leur bateau.
encore des sars
et de minuscules juvéniles, il semble que ce soit des
bébés girelles, taille moins de 2 cm de long !
Dans une petite grotte, du corail "en
fleur" et la tache ridée au dessus, c'est une poche d'air prisonnière dans le plafond de la grotte.











