pensées

Mercredi 18 novembre 2009
Après un échange de commentaires avec Didier (voir les commentaires laissés sur : "souvenirs d'un autre temps" clic ) , je me suis décidé à réouvrir ma boite à souvenirs motocyclistes.

Le milieu de la moto a toujours été considéré comme un milieu où la solidarité et l'entraide étaient des valeurs fortes, des vérités.
Il est probable que ça remonte à un temps où les motos étaient des engins peu fiables, et la communauté motarde se faisait un honneur de se prêter main forte en cas de besoin, communauté assez mal vue du reste de la population , on compense comme on peut.

Même si les temps on bien changés , le motard à longtemps trainé derrière lui l'image d'un loubard en blouson plutot crade, les mains pleines de cambouis et à la machine bruyante.


La chanson de Piaf, "l'homme à la moto" est l'image parfaite de ce qu'était un motard dans les années 50/60.




Aout 1972,  j'avais décidé de partir faire un assez long périple en moto, une petite mais flambant neuve Motobécane 125 cc bicylindre, juste un peu préparée par mes soins pour la dévergonder un brin.
Une petite moto mais endurante, rapide pour sa cylindrée, juste un peu gourmande en carburant.

                   La mienne était rouge, et avec un moteur un peu plus musclé.

Il était question de partir en Grèce au départ de Marseille, et tout par la route, n'ayant pas les moyens de payer les autoroutes jusqu'à Trieste.
Ma soeur, seule pour ces vacances d'été, va m'accompagner.
Il faut  imaginer la scène, une petite moto 125 cc,  deux personnes,  avec les bagages, la tente de camping, les sacoches, le bidon d'huile de réserve pour le moteur si exigeant sur la qualité etc. Un chargement conséquent.
Départ Marseille, direction l'Italie, passage en Yougoslavie par Trieste, puis la cote Adriatique, contourner l'Albanie, et la Grèce .... un pacson de kilomètres en vue !

Pas froid aux yeux le JLuc.
Notre première halte Italienne, dans un minuscule village juste après la frontière, Torri .


Torri
Superiore est un petit village médiéval du 14ème siècle, à flanc de montagne, situé à la frontière franco-italienne, à 8 km de Ventimiglia au bord de la Méditerranée.  Le village, composé de petites maisons en pierre, la plupart rénovées, certaines en ruine, reliées par de minuscules ruelles et couloirs, forme un véritable labyrinthe…

Des soucis  techniques dus aux pneus vont raccourcir ce périple qui va se limiter à faire demi tour à Omis en Yougoslavie ( en Croatie, aujourd'hui ), juste après Split à l'embouchure de la rivière Cétina.

Après de multiples crevaisons dont une avec chute sans trop de gravité, nous allons poursuivre notre route, arrivés à Split, je me décide à changer le pneu arrière lourdement malmené , par un tout neuf, tant pis pour les économies.
On s'imagine...... deux Marseillais baragouinant un peu d'Anglais dans la Yougoslavie socialiste de Tito en 1972...et à la recherche du précieux pneumatique de moto .
Ne pas s'affoler, aller à la rencontre d'un agent de police pour expliquer ( tenter d'expliquer ! ) le problème et à notre grande stupeur celui ci nous fait comprendre qu'il parle parfaitement ....l'Allemand mais que son collègue à un autre carrefour parle l'English, non pas le Français !  mais on fait avec.
Je dois dire que l'accueil que nous avons reçu dans tous les endroits où nous sommes passés, à été remarquable de politesse et de gentillesse, par ces policiers, les restaurateurs, les fermiers qui nous prêtent leur champs  pour pouvoir planter notre tente, et bien d'autres. Celà se confirmera encore plus tard, nous verrons.

Cet élégant  Policeman, uniforme et casque blanc nous donne le renseignement cherché, à savoir un magasin de pièces détachées moto où on va pouvoir enfin trouver ce pneumatique.
Las... c'est un magasin.......... de chaussures où nous sommes envoyés, désespoir ! Mais en regardant bien la vitrine on remarque que ce magasin vend AUSSI des pneus, de vélos, de voitures et de motos, yessssss !
Oui, mais la dimension recherchée n'existe pas dans cette Fédération Socialiste, les importations étant plus que limitées.
La guigne nous pousuit, il est sûr que si j'avais possédé une indestructible moto Jawa locale ou une MZ Tchèque, la réparation aurait été une simple formalité, mais nous serions passés inaperçus, tandis qu'avec la moderne Motobec' c'était plutot l'attraction partout où nous passions.
Chargée comme un mulet, la Motobec' préparée, filait quand même avec 40 km/h de plus que les motos locales.
Il faut se remettre dans le contexte, les années 70 en Yougoslavie ....

Je vais me résigner à une ultime réparation, les dernières rustines sont posées sur une chambre à air qui ressemble de plus en plus à un chapelet de saucisses et nous reprendrons la route, direction la légendaire Dubrovnik .....que nous n'atteindrons jamais.

Arrété sur le bord de la route, juste après Omis, roue arrière démontée, je contemple le désastre, en priant ( ça ne fait pas de mal  ! ) pour qu'un motard, un vrai de vrai, s'arrête et nous porte assistance.
Peine perdue, il y a même un motard en BMW, immatriculé "13" comme nous,  qui nous a superbement ignoré, moi comme un con sur le bord de la route bras levé faisant le salut motard !

Un antique cyclo pétaradant et fumant, stoppe près de nous, un jeune Yougo en descend, nous demande en excellent Français où est le problème.
Ni une ni deux, il me dit de prendre la chambre à air, m'emmène chez lui sur son engin antédiluvien , répare avec sa provision de  vieux bouts de chambre à air et me ramène à la moto, m'aide à remonter, regonfler la roue et ne veux RIEN en remerciement.

- J'ai déjà été payé par mes études d' architecture faites à Marseille me dit il ,  quel beau Pays que le tien !

Tu vois ami Yougoslave , je ne me souviens plus de ton nom mais ce geste est toujours gravé dans ma mémoire, nous avions sensiblement le même âge, j'espère de tout coeur que la putain de guerre t'as épargné, encore une fois  merci de ce geste si anodin sur le fond mais si important sur la forme, tu n'étais pas motard mais la solidarité tu savais ce que ça voulait dire.

Un compatriote Marseillais sur une prétentieuse BMW a ignoré ma modeste 125 mais Toi le jeune Yougo qui regardait ma bécane avec envie tu as donné de ton temps, de ton argent et de ton savoir faire à bien mieux loti que toi dans la vie.

N'ayant pas l'inconscience de continuer à galérer, nous reviendrons passer quelques jours sur la plage de ce merveilleux village d'Omis, visiter les gorges de la Cétina.
               Le trés beau village d'Omis.....aujourd'hui.

.....Omis, j'y retournerais deux ans plus tard, en voyage de noces, entre temps, le tourisme de masse est passé par là et la superbe plage sauvage est devenue un immense camping avec des milliers de tentes et de caravanes.
Immense déception, moi qui avait cravaché la Simca 1000 pour arriver ici rapidement et montrer ce coin de paradis à ma Femme !


Il faut penser à rentrer, lentement, la réparation va tenir jusqu'à Trieste où un magasin moto Italien nous fournira et montera un pneu Metzeler tout neuf.

Dans la campagne, nous allons installer la tente. Région de Parme.
remarquez le seul rétro survivant, tenant avec une pince à linge, une gamelle chute arrivant si vite !
héhé, j'avais 23 ans à l'époque.


 Sur le retour, maintenant que la bécane est équipée d'un pneu arrière neuf, nous pouvons rouler, un détour par Venise, puis Parme, et on rentre.

Une autre anecdote bien plus amusante, de retour en France, vers Nice, nous décidons de nous faire un resto, ça fait plusieurs jours qu'on bouffe n'importe quoi et il reste un peu d'argent dans la cagnotte, alors....
Bizarre, premier resto, complet, idem le deuxième et au bout d'un moment il faut bien se rendre à l'évidence, on ne veut pas de nous , même dans les restos les plus  modestes des environs de Nice .

En me regardant dans le rétro de la bécane, casque enlevé, que vois je ?

Un visage noir de la crasse des échappements des camions que nous suivons depuis la frontière Italienne ( pas d'autoroute, trop cher ! ) et deux cercles blancs à l'emplacement des lunettes. Pas étonnant que l'on ai été rejeté de tous les restos !

Surtout qu'à cette époque les restos "aimaient" bien les motards .................de loin !

On s'en foutait, on était jeunes, c'était bien !











 
Par jluc
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander
Mercredi 28 octobre 2009

En fouillant dans mes vieilles photos, j'ai ressorti ces clichés d'une époque où les motos puissantes et les belles voitures de collection faisaient partie de mes hobbies.
Il faut dire que très tôt je suis un peu tombé dedans, comme Obélix dans sa potion magique.


Si je fais la gueule sur la photo ( prise en 1950 ) , ce n'est pas parce que j'ai déjà mauvais caractère mais parce que le capot de la vieille bagnole du paternel avait le capot brûlant !
...Et si on faisait une photo du petit , pendant que la bagnole refroidit ! bonne idée .
La bagnole en question , une antique Renault KZ ou NN je ne sais pas !


Aujourd'hui, je regarde ces photos avec un certain recul, je ne regrette pas ce temps mais je ne le renie pas non plus, c'est une partie de mon passé et j'avoue que j'en ai tiré beaucoup de plaisir.
Ce qui peut paraître puéril voire déplacé aujourd'hui ne l'était pas il y a 15 ou 20 ans en arrière.
C'était une époque où on ne se souciait guère d'écologie, de pollution, et les contraintes routières bien moins exigeantes qu'aujourd'hui permettaient aux amateurs de beaux engins de les utiliser sur route.

Un rêve d'enfant s'est concrétisé le jour où j'ai trouvé une rarissime Porsche 911 type S de 1966 préparée pour la compétition, elle était accidentée sans gravité et la mécanique plutôt boiteuse.
C'était en 1990 cette voiture avait 24 ans et pourrait entrer en VEC ( véhicule d'époque et de compétition )  l'année d'après.
Les travaux de carrosserie ont été confiés à un carrossier, n'étant pas vraiment doué pour redresser la ferraille et peindre proprement, mais la mécanique c'était mon métier et reprendre entièrement un moteur de Porsche et sa boite de vitesses ne me faisait pas peur.
                                
    La 911 S après travaux et relookage

                      Le groupe moto propulseur prêt à être remontée dans la caisse.

                                           Opération chirurgicale sur la boite de vitesses.

                                    

             Exercice de style, tout remettre dedans et sans rien casser ni rayer !
                                                           Il y a une astuce...


Les sièges baquets compet' , une carcasse en polyesther recouverte de cuir et de tissus, le rembourrage... c'est trop lourd.

La difficulté étant de retrouver des documents d'origine pour régler ce moteur rare.

Cette voiture à été fabriquée à moins de 350 exemplaires dans cette version de 175 ch au lieu des 130 déjà exceptionnels en 1966 ,  à la carrosserie allégée et la suspension durcie .

                                  Moteur refait, nettoyé, repeint, réglé tip-top !

Une pompeà injection mécanique prototype remplaçant la rampe de carbus , m'avait posé le plus gros problème pour les réglages vu que même chez la concession Porsche à Marseille, personne ne savait que ce modèle avait existé.
Mais j'ai fini par trouver les documents en question il me suffisait de les faire traduire depuis  l' Allemand.

La suivante, une bonne vieille Anglaise décapotable pour rouler cheveux au vent était carrément à l'opposé de la Porsche, c'est à dire peu puissante, avec une tenue de route très ....disont aléatoire, mais avec un charme fou !
Une MG type B de 1971 achetée en 1994 .
Celle là je n'ai presque pas eu de travail mécanique profond à faire mais un nettoyage intégral de fond en comble, un recablage complet du faisceau électrique et des finitions de carrosserie importantes.
                  Toute de guingois, cette voiture dénonçait un remontage négligé !


il faut dire que lorsque j'ai eu cette auto, elle était plus ou moins à l'abandon dans une cour de ferme et les poules y avaient élu domicile !
Démontage de tout l'intérieur et des faisceaux électriques.... des merdes de poules de partout !

Une auto amusante à conduire, pas très rapide mais avec des réactions surprenantes surtout sous la pluie  !
                                                  Restauration terminée, peinture lustrée, elle avait de la gueule !

La Moto-Guzzi a certainement été la moto qui m'a le plus marqué, une grosse bécane au moteur plein de puissance et de couple.
Cette Guzzi Le Mans III 1983 m'a donné des plaisirs de conduite inégalés, des désagréments tout aussi importants avec un accident assez grave suite à la perte d'une fixation du carénage.
                                    La Guzzi avec son équipement "course" ..
sauf les échappements

Il faut dire qu'une Guzzi Le Mans III ça vibre un peu et par conséquent ça perd quelques boulons sur la route.
Le carénage compétition "Stucchi" ne laissait que peu de liberté de mouvements au pilote, un vrai calvaire en conduite urbaine mais à partir de 150....que du bonheur et nécessaire vers 190/200  ! Ben oui, on pouvait à c'te époque.
Suite à l'accident le carénage à été supprimé et un guidon large adopté.

Cette moto a initié mon fils aîné à la conduite de motos puissantes et l'a vacciné "motard" durablement.

La dureté des suspensions, l'inconfort de conduite ont eu raison du plaisir que me procurait cette bécane et je m'en suis séparé pour une autre, une  grosse et puissante Honda VF 1000 F2 Bol d'Or de 130 chevaux !
Malgré sa grande puissance ( trop ), moins de sensations au guidon de cette Japonaise mais le gain au niveau confort m'a fait oublier les lombalgies et autres courbatures.

La 1000cc Honda VF F2 Bol d'Or de 1987  , 130 chevaux tout en souplesse, une vitesse de pointe incompatible avec la loi actuelle.

Relookée en GBR ( Green British Racing ) et dépouillée de son carénage intégral

                              Ne pas se fier au tableau de bord "façon grand tourisme", c'est un pur sang !

Celle ci a été la moto qui a initié mon autre fils , et une sortie de route  impressionnante mais sans trop de gravité m'a amené à des modifications esthétiques, n'ayant pas les moyens de faire refabriquer les éléments de carénage détruits.


Pour terminer cette séquence "nostalgie mécanique" une photo de ma première moto, offerte par mon beau frère qui l'avait lui même récupérée dans une cave ou quelque chose comme çà.
Une 125 cc GNOME et RHONE des années 50 , cette moto a fait mon bonheur vers l'âge de 16 ans ( 1965 )dès mon permis A1 en poche et me permettait de faire le malin en allant au Lycée quand les copains étaient en vélo ou à pied.
La mienne était gris métal faisait un bruit d'enfer , me laissait les ongles noirs de cambouis à force de réparations sur le bord de la route et fumait comme le Vésuve, mais à cette époque on ne s'arretait pas à ce genre de considérations !....

La suivante, achetée d'occase et offerte par mon adorable grand mère était une TERROT Ténor 125 cc qui s'est vite vue dépouillée de ses lourds caches et protections en ferraille d'origine.
C'était en 1967, la bécane avait déjà quelques années .

De gentille moto pépère elle est devenue ma première moto modifiée pour les courses de côte de la région et me permettait de me mesurer aux possésseurs de 125 Ducati, les reines incontestées et enviées de la catégorie.

Bien sûr les performances feraient rigoler tout possesseur de simple scooter moderne, mais à l'époque c'était suffisant pour s'initier à la compète et se prendre pour un émule de GIACOMO AGOSTINI ou de mon idole du moment, JACK FINDLAY .

Des bagnoles plus ou moins interessantes, des motos, il y en a eu d'autres , peut être une autre fois réouvrirai-je ma boîte à souvenirs .

 A la relecture de ces lignes, je sens venir les sourires narquois de mes fistons...... tiens P'pa a ressorti les photos de ses reliques !

 Ingrats, qui vous a mis le derrière sur une selle de moto ? Qui vous a confié sa moto chérie ? Qui a fermé sa gueule quand vous avez plié la moto en question ? 
Et j'oublie les heures de mécanique les mains dans le cambouis à réparer vos propres bécanes !


Par jluc
Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires - Recommander
Jeudi 8 octobre 2009

Ce soir, pas d'article, ce blog est triste.

Une amie,
Françoise du var vient de nous quitter.

Bonne route Françoise.

http://umeamarie.canalblog.com/




Par jluc
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander

Le Bureau

J'ai volontairement désactivé la protection
anticopie de ce blog.
Ce n'est pas pour autant que l'on peut
piller images et textes sans mon accord.

Une simple demande par mail ou dans un commentaire
et ce sera sans problèmes et bien volontiers.
Juste une question de savoir vivre.
Merci.

Profil

Rechercher un article ?

Visiteurs présents sur le site

ACTUS-ENVIRONNEMENT

- Greenpeace    clic

- Et ta mer t'y penses ? clic 









"Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée,
 le dernier poisson capturé, alors seulement, vous vous apercevrez
 que l'argent ne se mange pas."

   

Au hasard

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés